Whoa-oh-oh !
Cela faisait 36 ans que cela ne s’était plus produit.
Une de mes prédictions du 26 avril s’est donc réalisée : la Suisse a remporté le dernier concours Eurovision de la chanson le 11 mai dernier.
Une fois n’est pas coutume, je vais consacrer l’entier de mes couennes à un seul sujet : le triomphe de Nemo à Malmö.
La nouvelle polarise la toile, les avis sont tranchés, engagés, parfois même virulents: on aime ou on déteste mais une chose qui est sûre est que l’artiste biennois ne laisse personne indifférent.
Je vais être franc d’emblée : je suis totalement convaincu par le talent artistique de ce jeune homme…de cette jeune femme…enfin de ce brillant artiste qui se revendique non-binaire.
Alors oui, on a au moins autant si ce n’est plus vu le drapeau LGBTQ+ autour de Nemo que notre drapeau national.
Notre représentant en mérite-t-il pour autant les salves de critiques et d’injures dont il a été l’objet dans les médias et sur les réseaux sociaux ?
Lorsque ces insultes émanent de nos voisins français, on peut encore les comprendre. Les partager non, mais les comprendre oui.
« Z’ont trop le seum les français, ils sont en PLS », comme a dit ma fille (qui est pourtant française par sa maman).
Mais lorsque des politiciens de notre propre pays y vont de leurs « réflexions » à deux balles (40 sous ?), ça fait quand même un peu plus souci comme on dit par chez nous.
Whoa-oh-oh !
Prenons l’exemple du député fribourgeois Ivan Thévoz, membre de l’UDF et grand défenseur des valeurs chrétiennes.
Le gugus s’est lâché en disant que l’Eurovision était synonyme de dégénérescence et qu’au moins lors de la finale nationale de lutte suisse, on rencontrait moins de « tapettes » (mais quelle mouche l’a piqué ?).
Outre le fait que ses propos sont discriminatoires et indignes d’un élu (ou de quiconque d’ailleurs), je me permettrais d’ajouter ce qui suit : Monsieur Thévoz, au lieu d’aller vous agenouiller à l’Eglise tous les dimanches, essayez déjà de respecter votre prochain les autres jours de la semaine.
Alors attention, je ne suis pas en train de défendre le concours de l’Eurovision bec et ongles. Il faut bien l’avouer, le truc penche de plus en plus vers un spectacle assez indigeste plutôt que vers la qualité musicale.
Il n’empêche que le show a rassemblé plus d’un million de téléspectateurs rien qu’en Suisse et je doute qu’il en soit de même pour la fête fédérale de lutte.
Whoa-oh-oh !
Côté musique, il faut bien l’avouer, y avait pas grand-chose de bon à se mettre sous la dent (ni dans les oreilles).
Entre les délires satanistes irlandais, la zigounette finlandaise à l’air, les pauvres 2 notes répétées en boucle durant 3 minutes par la Croatie ou les mimes espagnols de reproduction, on était loin de Céline Dion, Marie Myriam, France Gall ou même ABBA.
Dans toute cette bruyante cacophonie, 2 artistes sont pourtant clairement sortis du lot.
Le Français Slimane tout d’abord.
Bon c’est vrai que sa chanson était ennuyeuse à mourir : on aurait dit du Francis Cabrel, genre tu écoutes et t’as envie de te finir au yoghourt périmé.
Mais il faut bien admettre que son interprétation était plutôt touchante, si l’on fait abstraction de la partie A Capella plus criée que chantée.
D’ailleurs, pour nos amis à l’Ouest (sur la carte, mais pas que…), leur poulain aurait évidemment dû gagner et tous les autres étaient nuls, sans parler des votes qui étaient évidemment truqués.
Whoa-oh-oh !
On connait bien la légendaire modestie hexagonale, non ?
Elle m’a en tous cas permis de faire un joli clin d’œil à Nemo sur ma chaine TikTok : une vidéo un brin provocatrice et ce fut la déferlante de commentaires de centaines de Français et de Suisses (à l’heure où j’écris ces lignes, ladite vidéo a dépassé les 13’000 vues et cela ne semble pas vouloir s’arrêter).
Tu peux la voir ici: lien vers la vidéo
J’adore la France, mais je préfère quand même la Suisse…et Nemo. Je l’ai découvert lui et sa chanson « The Code » quelques semaines avant le concours : j’ai tout de suite accroché.
« Un truc de ouf, pire bien, trop stylé » comme dirait notamment ma fille (encore elle) et sa génération de jeunes insouciants et tolérants.
Les paroles sont puissantes et racontent simplement l’histoire d’un jeune gars qui est passé par des périodes de souffrance avant de trouver enfin qui il était et quelle est sa place dans la société.
Musicalement ensuite, c’est tout simplement brillant : mêler en 3 minutes l’opéra, le rap et le drum & bass, c’est juste incroyable. La prestation vocale et la performance scénique de notre non-binaire national ont parachevé une spectaculaire et inégalable prestation.
Whoa-oh-oh !
En parcourant les réseaux sociaux, je suis tombé sur des commentaires bien locaux suite à une publication du Nouvelliste au sujet de cette fameuse Eurovision et la victoire de notre dynamique bernois (antithèse ?).
Y avait à boire et à manger…
J’ai bien rigolé quand j’ai vu comment certains jugeaient les prestations vocales et musicales de notre représentant mais je ne vais pas épiloguer pour ne pas donner trop d’importance à ces critiques de rageux…
Après, c’est clair que lorsque ton horizon musical s’arrête aux Guggenmusiks, il peut être compliqué d’apprécier à sa juste valeur la performance de choix délivrée par ce grand talent qui a défendu nos couleurs le 11 mai en Suède.
Encore une fois, je ne suis ni le défenseur de l’Eurovision et encore moins l’avocat de la cause LGBTQ+.
Mais je suis et reste un libéral-radical pur sucre : libéral économiquement et socialement, radical dans le sens humaniste du terme (et qui en fait d’ailleurs un des fondements originels).
Peut-être que certains autres adeptes de cette coterie LR, notamment le Président du Gouvernement bernois avec ses propos plus que limites au sujet de l’Eurovision, devraient se remettre en question et se demander s’ils appartiennent toujours à la bonne clique ou s’ils devraient plutôt faire un pas (chassé) vers la droite.
Whoa-oh-oh !
Alors oui, pour une fois, ma chronique ne se voulait pas forcément humoristique ou décalée.
Mais il me tenait à cœur de donner mon point de vue sur ce sujet qui a déchaîné tant de passions depuis quelques jours.
Comme le dit si bien Nemo dans sa chanson : « Qui décide de ce qui est mal, de ce qui est bien ? Tout est équilibre, tout est lumière ».
Certains devraient relire ces ultimes lignes plusieurs fois avant d’aller se coucher.
Et eux aussi casser le code.
Whoa-oh-oh !
Sur ces paroles que je vous laisse seuls à juger de la bonté ou de la beauté, je vous dis à bientôt pour de prochaines élucubrations déjantées.
D’ici là, croquez la vie à pleines dents et n’oubliez pas qu’une journée sans rire est une journée perdue !
Samuel Sierro, Vex
(Edition du Confédéré du 24 mai 2024)
Trop bien
Salut Emma,
Merci pour ton commentaire.
Whoa-oh-oh !